1.7.07

Sur la culture et l’identité

Sur la culture et l’identité : petite divagation transméditerranéenne
Réflexions à partir du livre de Djilali Sari, L’Émergence de l’intelligentsia algérienne (1850-1950), Éditions ANEP, Alger, 2006, 322 p.
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A paraître sur le site de
Confluences Méditeranée
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Gilbert MEYNIER
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Le livre de notre collègue Djilali Sari, professeur à l’université d’Alger, Tlemcénien de naissance et de culture, et géographe de formation, présente 14 biographies d’Algériens des XIXe et XXe siècles, appartenant à ce qu’il dénomme ici l’élite, là l’intelligentsia.
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Quatre sont des personnes issues de/ayant enseigné à la medersa (madrasa) al-Th‘âlibiyya d’Alger, la plus notable des trois medersas dites officielles (madâris al rasmiyya) – Abdelkader Medjaoui, Abdelhalim Bensmaia, Mohammed Ben Cheneb, Mostefa Lacheraf –, voire à l’université d’Alger – Ben Cheneb – (1ère partie : «l’élitisme réappropriateur du patrimoine culturel»). Six relèvent de l’intelligentsia passée par le moule de l’école française : outre le docteur Mohammed Nekkach, les cinq autres sont passés par l’École Normale de Bouzaréah et ont été instituteurs – Fatah Ben Braham, Mohand Tazerout, Abdelkader Mekideche, Djelloul Benkalfat, Mohamed Benamar Djebbari – ; l’un d’entre eux, Mohand Tazerout, globe-trotter et polyglotte, est devenu un talentueux et prolifique écrivain (2ème partie : «l’élitisme apôtre d’ouverture et d’acculturation»).
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Quatre enfin, de formation essentielle arabe, relèvent de «l’élitisme réappropriateur du patrimoine culturel identitaire » (3ème partie) – Moubarak Mili, Ahmed Tewfik Madani, l’imam Tafayache, chaykh («cheikh») Ibrahim Bayyoud. Parmi ces derniers, trois furent de la génération et de la mouvance des ‘ulamâ’ («oulémas»). À un titre ou à un autre, tous ces hommes furent loin d’être de vulgaires passéistes, souvent bien au contraire, et nombre d’entre eux eurent à leur actif des œuvres qui marquèrent – ou devraient marquer – l’Algérie actuelle.Voici un livre tonique, qui embrasse un champ vaste, mais trop méconnu. D’où son utilité. Il contient certes, comme toute œuvre humaine, des faiblesses. Il suscite des interrogations chez le lecteur affamé, qui reste en effet parfois sur sa faim. Mais, par plusieurs de ses traits, il emporte aussi souvent l’adhésion.
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Sur un point précis, je ferais amicalement remarquer à mon collègue que l’évolution qu’il relève à propos du M’zab ne m’est pas totalement passée inaperçue (p. 267) : j’ai eu le plaisir de préfacer le petit livre de Salah Bendrissou sur Mufdi Zakariya , qui est dédié à la mémoire de M. Tefieche (1919-2006), qui fut un ami de Mufdi. Et, puisque nous en sommes aux personnalités ‘ibadites, je me suis demandé si ce «Sulayman El Barouni» que Djilali Sari affirme être de Dar El Salam, en Tanzanie (p. 272), ne serait pas tout bonnement ce «Slimane El Barouni», ‘ibadite du jabal Nafusa (à 150 Km au sud-ouest de Tripoli), qui fut sénateur ottoman à Istanbul, et l’âme de la résistance ottomane aux Italiens en Tripolitaine ; et ses rapports avec la Tanzanie ne me sem-blent pas vraiment prouvés dans le livre par une documentation appropriée.
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